Bibliothèque du Prytanée National Militaire de La Flèche

Historique

Historique

En donnant aux Pères jésuites son château familial de la Flèche, afin d'y fonder un collège, Henri IV attribua dès la fin de 1603 à cette institution une somme de 10 000 écus dont 1 000 écus pour l'achat de livres. A une dotation annuelle de 300 écus s'ajoutèrent des dons importants de particuliers laïcs ou religieux voulant manifester leur bienveillance envers l'Ecole. Si bien qu'en 1776, le fonds jésuite ne comptait pas moins de 4 869 ouvrages. Dans les vitrines de la bibliothèque se trouvent rassemblés les ouvrages jugés rares et précieux au cours des siècles. Plusieurs sources ont contribué à l'enrichissement des fonds depuis la création par Henri IV. A la dotation initiale et perpétuelle, sous l'Ancien régime, se sont ajoutés les dons de la famille royale et ceux de nobles ou de membres du clergé soucieux de montrer leur bienveillance envers le collège : dans les galeries de photographies, vous trouverez de nombreux ouvrages dont les reliures portent leurs armes ( Marie de Médicis, le Grand Condé, le Dauphin - futur Louis XV -, Louis XVI, l'archevêque de Toulouse, ...). Nous lisons parmi les donateurs les noms de l'Isle Adam Conty de Bellière ou du chanoine Eveillon d'Angers. De l'abbaye de Saint Denis, provient la collection des auteurs byzantins.

Cette tradition de mécénat a perduré même après la Révolution : les collections ont continué de s'accroître avec les dons de différents ministères - Guerre, Instruction publique, Intérieur -, ou des legs particuliers telle La Description de l'Egypte offerte par Louis-Philippe. Legs, captations révolutionnaires, migration du Prytanée à Paris ont enrichi le fonds de provenances qui peuvent paraître hétéroclites autour d'un noyau fléchois issu de la bibliothèque des Jésuites. Un grand nombre de ces œuvres a été imprimé à La Flèche, dont la tradition d'imprimerie remonte à la fondation de l'Ecole et perdure avec le présence de Brodard et Taupin, spécialiste du livre de poche.

A la Révolution, la bibliothèque a la fortune non seulement d'échapper aux saisies révolutionnaires mais également d'accueillir des fonds confisqués provenant d'abbayes, de Versailles, du Trianon et de l'université de Paris. De nombreux ouvrages portent les traces de cette histoire mouvementée, lisibles dans les armoiries ou les ex-libris.

En 1812, au moment du transfert du dépôt de livres dans l'ancienne galerie de tableaux - l'actuelle bibliothèque - on compte 12 000 volumes contre un peu plus de 3 000 en 1776, à l'arrivée des Pères doctrinaires . Aujourd'hui, en 2004, le fonds inventorié des ouvrages antérieurs à 1930 est riche de 22 000 livres. Parallèlement, le fonds moderne - ouvrages postérieurs à 1930 - qui constitue la bibliothèque de travail des élèves contient 12 000 ouvrages.

L'unique catalogue que possède actuellement la bibliothèque a été dressé à partir de 1815 par M. Sourdon, archiviste. Ce catalogue méthodique, suivant la classification de Brunet, ne fut achevé qu'en 1839 : il comporte 11 cahiers recensant 10 838 volumes. Doublé plus tard d'un fichier alphabétique, il a été progressivement augmenté par l'insertion de feuillets : l'informatisation imminente de ce catalogue permettra bientôt de faire connaître à un plus vaste public un fonds riche mais réservé jusqu'à présent aux initiés.